

Pour un compte-rendu détaillé du livre de Bjorn
Lomborg,
L'écologiste sceptique, le véritable état de la planète, on se réfèrera à la note de l'IEM (Institue Economique Molinari) :
link
La thèse de Bjorn Lomborg pourrait se résumer en une phrase : si tout n'est pas parfait dans le monde d'aujourd'hui, tout va mieux qu'avant. Et chiffres à l'appui, de la qualité de l'air à
l'espérance de vie en passant par la faim dans le monde, il nous démontre que s'il y a matière à agir, il n'y a en revanche pas de quoi s'affoler. Très bien documenté (B. Lomborg est statisticien),
le livre va donc à contre-courant des discours pseudo-officiels qui jouent la carte du : tout est (très) grave et tout est (très) urgent. Et de fait, l'argumentation de B. Lomborg est convaincante.
Je vais résumer brièvement ici la deuxième partie de son livre sur "Le Bien-être de l'humanité" avant de lui adresser deux critiques qui me semblent fondamentales.
Combien sommes-nous sur terre?

La forte croissance de la population mondiale, qui a débuté vers 1950 et se terminera probablement vers 2050, n'est pas due au fait que dans les pays en voie de développement, les familles
auraient plus d'enfants qu'avant, mais à la baisse importante du taux de mortalité, notamment infantile. Il cite à ce propos la plrase du conseiller de l'ONU Peter Adamson : "
Ce n'est pas que
les gens se sont reproduits comme des lapins, mais bien plutôt qu'ils ont cessé de mourir comme des mouches."
Au phénomène bien connu de la
transition démographique s'ajoute celui plus pernicieux de "la
dynamique des chiffres" : "même quand le taux de natalité aura atteint le niveau de
remplacement de 2,& enfants par femme, il y aura plus de jeunes que de vieux dans la population. A leur tour, ils mettront au monde 2,1 enfants, qui crééront eux aussi une légère prépondérance
des jeunes, etc. Cette dynamique est déjàaujourd'hui la cause première de la croissance démographique : on prévoit un accroissemnt de la population mondiale de 3,3 milliards dans les 50 prochaines
années, mais
même si la fécondité mondiale descendait instantanément jusqu'au niveau de remplacement, l'accroissement serait quand même d'environ 2,3 milliards."
Surpopulation
B. Lomborg commence par citer l'évocation infernale de Paul Ehrlich dans
La bombe P. (1968) d'une rue grouillante de gens sales et puants à Delhi. Et c'est à partir de cette citation qu'il
réduit le problème de la surpopulation à celui de la densité, en montrant qu'il n'y a pas de problème de surpopulation puisqu'il n'y a pas de problème de densité :
"le problème n'est pas le nombre d'individus en tant que tel. La plupart des pays avec la plus forte densité de population se trouvent en Europe. La région du monde la plus peuplée, le Sud-Est
asiatique, a la même densité de population que le Royaume-Uni.
Les Pays-Bas, la Belgique et le Japon ont une densité de population bien plus élevée que celle de l'Inde et,
proportionnellement à leur superficie, l'Ohio et le Danemark sont plus peuplés que l'Indonésie." (p. 94)
Commençons par vérifier les chiffres (source : Le monde en poche 2007) :
Densité au km² de l'Inde = 328,9
Pays-Bas : 390,1
Belgique : 337,5
Japon : 338,4
Sans pinailler sur l'usage du "bien plus élevé" pour des chiffres somme toute assez proches, interrogeons-nous sur la pertinence d'une telle remarque.
D'où :
1ère critique : la confusion des échelles de temps
Pour montrer que tout va mieux dans le meilleur des mondes, B. Lomborg se réfère parfois au XVIIIème siècle, parfois aux années 50, parfois enfin au Moyen-Age, voire plus tôt encore dans
l'histoire. Adapter ainsi le temps de référence au paramètre considéré me semble être une marque de mauvaise foi patente, et l'argumentation perd de sa force.
2ème critique : la réduction du problème de la surpopulation à la question de la densité.