Vendredi 11 juillet 2008
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Dans son désormais best-seller Le plan B, Pour un pacte écologique mondial, Lester Brown ne consacre que 3 pages et demi au problème de la
population, tout en reconnaissant l'importance et l'urgence de la situation. Je résume donc ici la partie "stabilisation de la population", pp. 163-166 (éd. Calmann-Lévy, 2007).
NB : Les informations entre crochets sont ajoutées par moi et sont tirées de Le Monde en poche 2007.
Situation actuelle :
3 groupes de pays :
1) Pays ayant des populations essentiellement stables ou légèrement déclinantes (42 pays aujourd'hui). "Les populations dont le taux de natalité est le plus bas, tels que le Japon, la Russie,
l'Allemagne et l'Italie [ces quatre pays ont un taux de fécondité par femme de 1,3], vont très probablement continuer à décliner au cours du prochain demi-siècle."
2) Pays ayant réduit la natalité jusqu'au taux de renouvellement de la population, ou juste en-dessous. Ces pays vont voir leur démographie se stabiliser lorsque
les plus jeunes auront passé l'âge de faire des enfants." : Chine, USA...
3) Pays dont la population va doubler d'ici 2050 : Ethiopie, République démocratique du Congo, Soudan...
En prévision :
Puis il fait état des 3 projections démographiques des Nations Unies selon les hypothèses faites sur le taux de natalité.
1) La projection médiane, celle qui est la plus fréquemment utilisée, prévoit une population de 9,1 milliards d'individus en 2050.
2) La projection haute atteint 10,6 milliards.
3) La projection basse part de l'hypothèse que le taux de natalité mondiale va rapidement se déplacer en-dessous de la barre du renouvellement à 1,6 enfants en moyenne par couple ; cette
projection prédit un maximum de population de 7,8 milliards en 2041, suivi par un déclin. "Si le but poursuivi est l'éradication de la pauvreté, de la faim et de l'illetrisme, nous
n'avons guère d'autre choix que de nous en tenir à la projection basse."
Les moyens à mettre en oeuvre :
"Ralentir la croissance démographique mondiale implique que toutes les femmes qui désirent planifier leur famille puissent accéder à des services de
planning familial selon leurs besoins. Malheureusement, à ce jour, 201 millions de couples ne peuvent pas accéder aux services nécessaires pour limiter la taille de leur famille. Combler ce
déficit en planning familial pourrait bien être le point le plus urgent de l'agenda global. Les bénéfices sont énormes et les coûts minimes.
Il détaille ensuite l'exemple de l'Iran (voir : Le cas de l'Iran) pour arriver
à la conclusion que si une république islamique a réussi à modifier si radicalement sa démographie, d'autres pays le peuvent aussi. "La plupart des pays n'ont guère d'autre choix que de tenter de
limiter le nombre d'enfants à une moyenne de deux par couple. Aucune alternative n'est viable. Toute population qui croît ou décroît continuellement n'est pas soutenable à long terme. Il est
temps que les leaders mondiaux - au rang desquels on peut citer le Secrétaire Général des Nations Unies, le président de la Banque Mondiale et le président des Etats-Unis - affirment publiquement
que
la planète ne peut pas soutenir une natalité de plus de deux enfants par famille."
Le coût de l'opération : A la Conférence Internationale sur la Population et le Développement qui s'est tenue au Caire en 1994 on a estimé que le financement
complet d'un programme de santé et de natalité pour les 20 prochaines années coûterait environ 17 milliards de dollars par an en 2000 et 22 milliards en 2015, couvertes aux 2/3 par les
pays en voie de développement, les pays industrialisés prenant en charge le dernier tiers.
Plus de 10 ans après, les pays en voie de développement ont manqué à leur promesse d'environ 20% contre près de 50% pour les pays contributeurs, conduisant à un déficit cumulé de 6,6 milliards
de dollars par an.
Les Nations Unies ont estimé que satisfaire au besoin des 201 millions de femmes n'ayant pas accès à des méthodes efficaces de contraception pourrait éviter
annuellement : 52 millions de grossesses non désirées ; 22 millions d'avortements ; 1,4 millions de morts chez les nourrissons ; 142 000 morts de femmes qui décèdent durant leur grossesse.
Par ailleurs, "l'évolution vers de familles moins nombreuses apporte de grands bénéfices sur un plan strictement économique". Des analyses menées au Bangladesh montrent qu'une dépense de
62 dollars consentie par le gouvernemant pour empêcher une naissance non désirée résulte en une économie de 615 dollars sur d'autres services sociaux. L'investissement dans les soins prénataux et
dans les services de planning familial augmente les ressources fiscales disponibles par enfant pour l'éducation et les soins, accélérant le processus de sortie de la misère.
"Pour les pays contributeurs, combler le déficit de 6,6 milliards de dollars annuels nécessaires pour assurer à tous les couples un accès aux services qu'ils désirent créérait un très fort
retour social en termes d'éducation et d'accès aux soins."
CONCLUSION
Avec un impact économique, social et écologique important, la stabilisation de la population doit être au coeur de l'action pour le développement durable.